vendredi 13 avril 2007

Matière à réflexion

Je peux d’autant mieux parle librement de l’abstention que je suis un abstentionniste. Pourtant je ne tire de cette situation, ni honte, ni fierté. Cette attitude m’est imposée par un système inique et manipulateur qui dépossède le citoyen d’un pouvoir qualifié de « souverain ». Ne pas dénoncer les apparences et s’y confirmer fait de nous des complices. Pourtant …

Les élections font de moins en moins illusions. Même pour un observateur peu curieux il est aujourd’hui évidents qu’elles constituent plus un alibi à un système qui se dit démocratique qu’un réel moyen d’expression des citoyens. L’abstention tente de plus en plus celles et ceux qui sont appelés aux urnes. L’abstention fait de plus en plus peur aux politiciens qui voient là, à juste titre, un désaveu cinglant de leur démagogie.

Le vote a fondé le fonctionnement « démocratique » de notre société. Le problème c’est le fossé qui se creuse entre ce que l’on pouvait espérer du vote et ce qui se passe réellement… au point que ce fonctionnement apparaît comme de moins en moins, et même plus du tout, démocratique.
Le vote apparaît aujourd’hui comme le meilleur moyen pour que … rien ne change. Car, même si les majorités changent, rien ne change véritablement dans la situation économique et sociale de l’immense majorité.

1 commentaire:

Neal a dit…

C'est un papier du monde diplo qui, en traitant les dernières élections us avait comparé les démocrates et les républicains comme une seule tête à deux visages. La métaphore fonctionne parfaitement ici. L'alternance PS-UMP n'est évidemment qu'un leurre et leurs programmes sont finalement assez proches (à qqs différences notables cependant). Leur expérience et leur bilan au pouvoir restent sensiblement identiques et chacun sait, malgré le "séisme" (il y aurait matière à réflexion là aussi) de 2002, qu'ils fréquentent les mêmes milieux (tous formés à l'ENA, appartenant aux mêmes clubs, étant amis avec les journalistes etc), vivent de la même manière et surtout pensent en bonne intelligence les uns avec les autres. Les photos Holland/Sarko pour le référendum ou encore les révélations de Bourdieu sur la manière dont Royal s'est déclaré de gauche par "calcul carriériste) ne sont que des exemples parmi d'autres de cette manipulation par la démocratie. Le pouvoir au peuple ? Comment peut-on parler d'une réelle démocratie lorsque des anciens commerciaux de Jacques Vabre ou des anciens Enarques affirment que ce n'est pas la rue qui gouverne. Que dire alors lorsque l'on voit ces derniers gouverner et s'enrichir en tordant la réalité sociale et économique à la réalité de leur avidité d'argent et de pouvoir ? La démocratie signifie la présence au gouvernement des différentes idées de ceux qui vivent en France, or, les quelques rares candidats soutenant une certaine vision de l'écologie, et une société française davantage basée sur une répartition plus équitable des richesses n'ont qu'une chance infime de recueillir les 500 signatures et n'arriveront hélas jamais au second tour. Les élections passées, la plupart ne se feront plus entendre pendant 5 ans.