mardi 8 mai 2007

L’AVENIR NOUS APPARTIENT !

Le résultat des élections présidentielles va inévitablement marquer nos conditions de vie, de travail et de lutte. C’est finalement le candidat de la droite « dure » qui l’a emporté, en ayant notamment si bien récupéré et intégré dans son discours et son programme les idées nauséabondes de l’extrême-droite.
Ces élections témoignent d’un véritable ancrage des idées de droite au sein même du discours politique et de la société française, par son assise électorale comme par les thèmes abordés et les projets portés. Face à cela, la gauche s’est bien montrée incapable de proposer une quelconque alternative tant sur le plan politique que social et économique. Il est d’autant plus grave que tant de salariés et de personnes issues des classes populaires aient porté leur suffrage sur Mr Sarkozy qui par illusions, démagogie ou confusion, est apparu à toutes celles et ceux victimes d’insécurité sociale tel un homme providentiel apportant réponses et solutions à leurs problèmes quotidiens et inquiétudes pour leur avenir. Pourtant, les salariés et les classes populaires n’ont rien à attendre de ce nouveau président et de son programme fait par et pour les classes « affairistes » de notre société!
Dès son premier discours, l’homme maintenant à la tête du pays, a rappelé les idées qui fondent son projet de société : travail, autorité, morale, mérite, identité nationale… Autant de valeurs qui vont se décliner avec les intérêts des classes dirigeantes et possédantes et un projet de société réactionnaire et nationaliste. Inévitablement les inégalités vont continuer à se creuser, la précarité va se développer, le démantèlement des services publics et de la protection sociale va s’accélérer, le moralisme empreint de religion va renforcer son emprise sur la société et les dérives répressives et sécuritaires, dont les immigrés et les sans-papiers sont les premières victimes, vont s’amplifier. Toutes ces logiques s’articuleront par la mise en place de mesures très concrètes immédiates si personne n’y oppose : remise en cause du code du travail, attaques contre le droit de grève avec notamment la mise en place du service minimum dans les transports, mise en place d’un bouclier fiscal favorisant les plus riches… Autant de mesures dont les salariés et les classes populaires feront les frais et qui renforceront cette société inégalitaire et capitaliste.

La lutte collective plutôt que la résignation !

Face à une telle situation, nous savons que seule la construction d’un rapport de force au plan social peut changer les choses et éviter ainsi que la France connaisse à son tour le même ultralibéralisme que l’Angleterre des années 80 avec Thatcher. Il paraît plus que nécessaire de rompre avec l’attentisme trop souvent de mise au lendemain d’élections présidentielles, de s’organiser et d’user des armes requises comme le droit à manifester, de faire grève et d’occuper les lieux de production pour bloquer le rouleau compresseur libéral et sécuritaire qui s’annonce, défendre ce qui reste des services publics et des systèmes de protection sociale pour enfin retrouver le chemin des conquêtes sociales perdues depuis longtemps dans l’abîme de la mondialisation sectaire.
Ne comptons que sur nous-mêmes et sur nos luttes à venir, dans nos quartiers et sur nos lieux de travail, pour faire émerger un mouvement social autonome, solidaire et émancipateur porteur d’autres logiques collectives.

Ils se durcissent, durcissons nos luttes ! Le compte à rebours est enclenché !

1 commentaire:

vieille dame a dit…

bonjour,
je ne sais pas si c'est une bonne idée de défendre aussi inconditionnellement les services publics. Les services publics appliquent une politique, celle de l'état qu'ils servent - ce qui forcément ne les rend pas très sympathiques...à ceux qui les subissent, particulièrement les pauvres. Je pense qu'une grande partie de l'impopularité de la gauche dans son ensemble (extrême comprise) vient de là (car les fonctionnaires (et assimilables comme EDF) "de gauche" sont les plus visibles. Instits qui maintiennent dans l'échec les enfants des gens qui n'ont pas leur "culture" - agents d'ANPE sourds et impuissants - bureaucrates de tous poils installés dans leur confort et leurs revendications catégorielles. (Bien sûr, je ne pense pas qu'ils sont tous comme ça, mais sont souvent en tout cas ressentis comme tels !). Je pense que le succès de la droite assez extrême vient de là : d'un espoir qu'on va "secouer le mammouth" formule qui m'avait pendant un temps rendu sympathique Allègre (j'ai réalisé mon erreur !). D'où vient cette notion de "lumpen prolétariat" ? est-ce elle qui a rendu si méprisant pour les "petits" les syndicats et les partis de gauche ? mais il y avait aussi un belle analyse de la bureaucratie...qu'on dirait complètement oubliée...