lundi 17 septembre 2007
mardi 14 août 2007
Sur la piste des grandes fortunes
Christine Lagarde, ministre de l’Économie, affirmait, dans le Monde du 12 juillet, qu’« il n’y a plus de lutte des classes, il faut retrousser ses manches ». Pourtant le vocabulaire des rapports sociaux dans leur dimension fiscale reste guerrier et dans la logique du conflit. Ceux qui ne s’estiment pas suffisamment protégés par le bouclier fiscal ont choisi l’exil, comme peuvent le faire les victimes d’une guerre. Ce bouclier protège des menaces que font peser un État et un peuple aux traditions trop égalitaires. Car toute mesure de redistribution est perçue comme une atteinte intolérable au droit de propriété. Le bouclier fiscal fixé à 60 % des revenus disponibles a été jugé encore trop peu favorable aux possédants. Le candidat Nicolas Sarkozy avait prévu de l’établir à 50 %, ce qui vient d’être fait dans le cadre du vote par le Parlement de la loi TEPA (en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat), dite aussi paquet fiscal. En incluant contribution sociale généralisée (CSG) et lala contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) dans le montant des impôts pris en compte, la nouvelle loi diminue les prélèvements les revenus surdes plus aisés. Selon Charles de Courson (Nouveau Centre), de la commission Finances, « desla réforme envisagée consiste à abaisser le plafond non pas à 50 % mais à 39 %, ce qui correspond au taux marginal de l’impôt sur le revenu. En d’autres termes, cela revient à supprimer l’ISF pour les riches ».
En conjuguant les effets du bouclier amélioré avec ceux des nombreuses niches fiscales disponibles en France (plus de 400), il serait alors possible que des foyers très fortunés échappent à toute imposition directe. Ne plus payer d’impôts en étant milliardaire, voilà un résultat qui devrait contenter quelques familles de Neuilly et des beaux quartiers de Paris et d’ailleurs. Cette rupture dans le sens d’un retour à l’Ancien Régime a même alerté Christine Lagarde qui s’est engagée à remettre, avant le 15 octobre, un rapport sur la possibilité d’instaurer pour les particuliers un impôt plancher.
Il est vrai que la cavalerie budgétaire de ce mois de juillet conduit à des pertes pour les finances publiques de l’ordre de 13 milliards d’euros, pour l’ensemble du paquet fiscal et en année pleine. Le « trou » de la Sécurité sociale, qui concerne tous les Français, n’est pas aussi profond, puisqu’il culmine à 12 milliards pour 2007. Sans compter le déséquilibre dans les sources de la collecte fiscale. Les impôts sur le revenu en apportent 16,6 %, mais la moitié de ménages seulement y contribuent. Les impôts indirects, dont la TVA, que tout le monde paie, même les plus démunis, entrent pour 50,8 % dans le total des recettes. Pauvre ou riche, chacun apporte son obole, au prorata du montant de ses dépenses bien entendu, en achetant sa baguette et son steak. De-là à envisager la TVA sociale, il n’y a qu’un pas, qui semble très proche de nous aujourd’hui.
Le candidat Nicolas Sarkozy avait dit qu’il ferait ce qu’il promettait. Les électeurs de Neuilly, ses anciens administrés, doivent se
féliciter de lui avoir fait confiance, pour 87 % d’entre eux. Ce score de république bananière met en lumière la lucidité politique des électeurs huppés de cette banlieue chic, qui fait encore mieux que les plus beaux quartiers de Paris.
Léone Meyer, l’héritière des Galeries Lafayette, lasse d’entendre son cas être pris pour exemple des cadeaux que représente le bouclier fiscal, à propos des 7 millions d’euros qui lui furent restitués sur ses impôts versés en 2006, a publié une lettre ouverte. « J’aurais pu réclamer un statut de réfugiée fiscale en Suisse ou en Belgique », y écrit-elle dans le Journal du dimanche du 22 juillet. Il est vrai que les exemples célèbres ne manquent pas. « Je ne l’ai pas fait, ajoute-t-elle. J’ai payé et je suis restée, prenant le pari que les Français voteraient à la présidentielle pour le candidat de la rupture qui leur avait promis un avenir meilleur. Pari certes réussi, mais qui m’a coûté cher. » L’avenir a également paru s’annoncer sous de meilleurs auspices pour « la diaspora fiscale qui, de Londres à Bruxelles, a salué la victoire de Nicolas Sarkozy avec les meilleurs champagnes », comme nous l’a rapporté l’une de nos informatrices.
« Vivons heureux, vivons cachés » : rupture sur ce principe ?
Cette maxime, que les dominants reprennent volontiers à leur compte, manifeste un principe de précaution selon lequel les rouages de la puissance et de la fortune doivent être discrets pour que leur pérennité ne soit pas menacée. Ainsi les grands cercles, comme le Jockey Club, l’Automobile Club de France ou le Cercle de l’union interalliée, à Paris, l’Union Club bordelais ou l’Ordre du clou de Lyon cultivent plus le secret que la médiatisation de leurs activités. Il nous fut difficile d’y pénétrer et de recueillir des informations. Leurs annuaires, que tout membre reçoit chaque année, ne sont pas publics et leur accès demande de recourir à quelques astuces. Il est vrai que la liste des membres met en évidence la classe réalisée. La présence simultanée des élites sociales appartenant aux activités les plus variées, des affaires à la littérature en passant par l’armée et l’agriculture, met en évidence une logique de regroupement qui dépasse les cloisonnements de la vie professionnelle. C’est au-delà, dans l’importance de la fortune, dans la multidimensionnalité des richesses, dans la patine du temps et des générations, que se fonde l’unité du groupe social cons- cient de lui-même et de ses limites. Une connaissance exhaustive de ces lieux fermés au commun et la mise en relation des listes de leurs membres permettraient de dévoiler les réseaux imbriqués sur lesquels tout pouvoir s’appuie, en particulier celui de l’oligarchie financière. Par le jeu des alliances familiales et d’autres liens, comme ceux des amicales d’anciens élèves ou ceux des pratiquants de la vénerie, de la voile ou du golf, ce petit monde qui est aussi le grand monde transcende les spécialisations professionnelles et arrive à mettre en commun tous les talents et toutes les ressources de tous les secteurs d’activité.
Il y a toutefois un élément nouveau dans la situation présente, dont on ne sait quel sera l’impact. Nicolas Sarkozy s’est fait élire, entre autres thèmes, sur celui de la rupture, de « la nécessité d’aller de l’avant », comme l’expriment certains de ses sectateurs. Le changement est là : ce qui a été dit passe dans les actes. Le paquet fiscal est ficelé, et ses destinataires s’apprêtent à le recevoir. Mais cette inflexion politique se construit de façon tout à fait nouvelle dans un souci inhabituel de la médiatisation qui révèle de manière inattendue le dessous des cartes. Il en est ainsi des liens d’amitié personnelle qui lient le nouveau président à un aréopage d’hommes d’affaires : Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré, Bernard Arnault et François Pinault, entre autres. Les invitations fastueuses, sur un yacht près de Malte ou sur la côte Est des États-Unis, ne sont pas masquées, mais au contraire mises en évidence, comme un élément de plus à l’avantage de celui qui en bénéficie. En guise de rupture, on retrouve l’objurgation de Guizot, « enrichissez-vous ». Les rapports sociaux pro- fondément hiérarchisés et inégalitaires semblent être devenus une évidence qui va de soi, peut-être regrettable, mais avec laquelle il faut composer. Apparemment féru de génétique, le nouveau président considère les êtres humains comme biologiquement différents et inégaux. Le fonctionnement de toute société humaine ne peut donc être que fondé sur des hiérarchies, transmissibles d’ailleurs de géné- - ration en génération puisque fondées sur des qualités innées. Ce pouvoir est prometteur d’un renforcement des inégalités en allant à contre-courant de tous les acquis de la redistribution et des efforts pour favoriser une réelle égalité des chances. Mais, en outre, il affiche de manière surprenante un cynisme systématique, selon lequel il est parfaitement légitime que les riches soient riches et toujours plus riches. Perversité extrême de la notion de mérite qui en arrive à justifier les plus grandes injustices en persuadant les perdants de leur culpabilité dans leurs échecs, scolaires, économiques et sociaux.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS
Publié par skazat à 21:31 2 commentaires
vendredi 22 juin 2007
Sarkozy ... et les jours de grève
Ses propos concernant le paiement des jours de grève sont insultants pour tous les cheminots qui chaque jour, et malgré le manque de moyens, font tout ce qui est possible pour assurer un service de qualité à tous les usagers de la SNCF. Ils sont insultants pour les grévistes qui ont toujours été ponctionnés pour chaque jour de grève. Si ce n’était pas le cas, pourquoi ne pas faire grève toute l’année ? Ils sont insultants pour tous les cheminots qui ont été sanctionnés par le passé pour avoir osé manifester ou s’élever contre le pouvoir patronal.
Devons-nous comprendre des propos de Nicolas Sarkozy, que les jours de grève, des années précédentes auraient dû nous être payés ? Est-ce de la méconnaissance, de l’incompétence ? Nous y voyons surtout beaucoup de mépris et de démagogie empruntant au schéma des propagandes les plus détestables le vieil adage « plus le mensonge est gros, plus les masses y croient ».
Nous connaissons la volonté du nouveau président de briser le symbole de résistance sociale au libéralisme que représentent les cheminots, mais on ne peut prétendre unir les français et dans le même temps utiliser le mensonge pour stigmatiser une catégorie de travailleurs.
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jeudi 7 juin 2007
Tout le monde rêve de botter le cul de Sarkozy.
Bottez lui le cul, encore et encore !
Publié par skazat à 19:54 4 commentaires
La « révolution verte » de Nicolas Sarkozy va rapporter des milliards d’euros aux entreprises, payés par le contribuable…
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Publié par skazat à 19:27 0 commentaires
samedi 2 juin 2007
Fusion ANPE/ASSEDIC : Qui va y gagner ?
L’instauration du guichet unique ne se limite pas à fusionner l’ANPE et l’ASSEDIC pour faire des économies de fonctionnement sur le dos du personnel, pour l’application drastique de la politique du « contrôleur payeur », ou, avec plus de démagogie, pour faciliter les démarches des usagers.
LE LIVRET OUVRIER EST DE RETOUR ! [i]
Elle entérine surtout la mise en place du Dossier Unique du Demandeur d’Emploi (DUDE) qui permet à tous les professionnels de l’emploi (ANPE, ASSEDIC, AFPA, Missions locales, APEC, OPP…) de partager des informations sur la situation du demandeur d’emploi. Sur le terrain, des guichets uniques fonctionnent déjà sur l’ensemble des réseaux DDTEFP, ANPE, ASSEDIC, Maisons de l’Emploi. Comme le précisait la CGT ANPE dans un tract récent : « Destiné à constituer un fichier informatique de 10 millions de personnes ( tous ceux qui seront passés à un moment par la case chômage, précarité ou l’intérim), il recensera de façon extrêmement fouillée les caractéristiques professionnelles, mais aussi personnelles (exemples vécus, grévistes, arrêts maladie…) de ceux qui seront ainsi mis en fiche ».
Les informations contenues dans le DUDE seront ouvertes aux opérateurs privés de placement choisis par l’UNEDIC. L’intérim et les groupements d’employeur, partenaires potentiels des Maisons de l’Emploi, pourront bénéficier également de ces renseignements. Par son autre facette, le DUDE fera un outil idéal pour contrôler les « contrôleurs » chargés de sa mise à jour. L’accès au « portefeuille » (DE et offres) de tout le personnel ne fournit-il pas une commodité similaire ?
Cet outil ne fait que renforcer les orientations coercitives des politiques de l’emploi, maintenant à bien des égards, sous les auspices de Raymond SOUBIE, PDG d’ALTEDIA (Opérateur Privé du Conseil d’Orientation pour l’Emploi mais surtout conseiller du président SARKOZY (notamment dans le domaine des « négociations sociales ») ! La casse du service public fera donc les choux gras (190 millions d’Euros) de certains bien placés. Quant au retour à l’emploi, il deviendra « rentable » aux dépends des conditions d’embauche et des salaires.
Qu’ajouter de plus ? Le quotidien professionnel du personnel de l’ANPE et de l’ASSEDIC, les conditions d’accueil, la précarité croissante des usagers et du personnel des Maisons de l’Emploi, la « posture managériale »… nous en démontrent depuis longtemps les conséquences !
Dans un premier temps, avec les organisations CGT, SUD et l’UNSA de l’ANPE, la CNT appelle agents et usagers à défendre un service public de l’emploi indépendant, pour une réelle utilité sociale et non pour les intérêts économiques de certains haut placés en se joignant au rassemblement Place du Conseil d’Etat à Paris (Métro Palais-Royal), à partir de 14h00, lors de la journée de grève du 8 juin 2007.
[i] La loi du 12 avril 1803 instaure un nouveau système de contrôle plus stricte des travailleurs : le livret ouvrier. Elle réaffirme l’interdiction des rassemblements d’ouvriers et donc l’illégalité des syndicats. Elle fait aussi de la grève un délit. L’ouvrier ne peut quitter un employeur qu’après que celui-ci eut signé un quitus sur le livret, la signature devant être certifiée par une autorité. Dans les sources de motivation de cette mesure, la volonté de renforcer la dépendance du salarié vis-à-vis de son employeur et d’accentuer le contrôle policier figurent en bonne place. Le Livret ouvrier ne fut supprimé qu’en 1890.
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lundi 28 mai 2007
Tabassage immédiat à bord du vol Paris-Bamako
Faut-il y voir un lien avec les "événements" de la gare du nord ? Rappelez-vous, les médias avaient parlé d'émeutiers ; les politiques (de droite dure comme du PS), quant à eux, s'étaient déclarés indignés du fait qu'on puisse s'opposer à l'action de la police dans son travail...et si tout cela révélait une tendance plus profonde de criminalisation de l'opposition et de la solidarité citoyenne ? Le droit n'est plus le même pour tous ceux vivant en France, aujourd'hui la répression menace également les précaires et les opposants par trop véhéments à la pensée unique.
«Nous partions à Bamako tourner quelques scènes de mon prochain film», raconte le réalisateur Laurent Cantet (Ressources humaines, l'Emploi du temps). «Et au moment où les portes de l'avion allaient se refermer, on a entendu des hurlements», poursuit son assistant et directeur de production, Michel Dubois. Une bagarre vient d'éclater à l'arrière de l'appareil d'Air France 796 à destination de la capitale du Mali. Le décollage était prévu à 16 h 40 samedi. L'embarquement s'était passé tout à fait normalement. Les passagers ne savaient pas qu'un sans-papiers en cours d'expulsion de la France vers le Mali devait voyager dans le même avion qu'eux.
«Grande violence». La suite est racontée par Laurent Cantet, Michel Dubois et des membres de l'équipe de tournage. Ce qu'ils ont vécu était si dur que, dans la nuit de samedi à dimanche, ils ont couché leur témoignage par écrit. Le Réseau Education sans frontières (RESF), auquel appartient le cinéaste, s'est chargé hier de le diffuser.
Michel Dubois est assis au fond de l'appareil. Il se retourne. Voit deux personnes en civil tentant de contenir un Noir assis au dernier rang, qui se débat violemment. «On s'est demandé s'il s'agissait d'une agression entre passagers», raconte-t-il. Plusieurs personnes s'interposent. Les individus en civil révèlent alors leur état de policiers. «S'ensuit une scène d'une grande violence, raconte Laurent Cantet. Les flics étaient à genoux sur le mec. L'un semblait vouloir l'étrangler, l'autre lui assénait des grands coups de poing dans le ventre.» Les hurlements du Noir se transforment en râles. «Sous les huées des passagers, l'homme finit par être immobilisé et sanglé», témoignent les collaborateurs de Laurent Cantet. La scène a duré dix bonnes minutes.
Dans l'avion, et plus précisément à l'arrière, beaucoup de voyageurs sont Noirs, et réagissent particulièrement mal. «Un passager a filmé la scène avec son téléphone portable», raconte Laurent Cantet. Une policière qui semble être la responsable de l'opération «menace alors d'arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires». Elle leur explique que l'homme n'est pas un simple sans-papiers mais un «double peine» ; en clair, un repris de justice condamné à une peine de prison et à l'expulsion de France. Le passager, lui, semble avoir perdu connaissance. «Il a fait une sorte de crise d'épilepsie», témoigne Michel Dubois. Les policiers décident de l'évacuer.
«On l'a vu passer avec les yeux révulsés, la langue qui pendait, de la bave autour de la bouche, rapporte Laurent Cantet. Quelqu'un l'a ensuite aperçu par le hublot dans une ambulance avec un masque à oxygène.» Les témoins sont sous le choc. «Beaucoup imaginent que l'homme est mort, ce qui fait encore monter d'un cran l'émotion.» Une hôtesse et plusieurs passagères pleurent.
Une fois l'homme débarqué, «une bonne dizaine d'agents de la police de l'air et des frontières [la PAF, ndlr] font irruption dans l'appareil», poursuivent les collaborateurs de Laurent Cantet. Le cinéaste pense que les policiers sont à la recherche de celui qui a filmé la scène. Mais ils ne parviennent pas à l'identifier. Et repartent avec Michel Dubois. «J'ai été désigné par la responsable de l'opération comme celui qui avait mené l'opposition à cette action extrêmement violente», témoignait-il hier. De nouveau des passagers protestent, refusant de s'asseoir et de se calmer. Un policier remonte alors à bord de l'avion pour leur proposer, selon Laurent Cantet, «un marché incroyable : Michel pourrait réembarquer à condition que l'expulsé le soit aussi». Un autre policier indique que Michel Dubois a été placé en garde à vue, et menace les protestataires du même sort.
Vol annulé. L'affrontement dure depuis une bonne heure. Il est près de 18 heures. Le commandant de bord annonce que le vol est annulé. Dans son message, il évoque «les "manœuvres" d'un individu refusant d'être reconduit dans son pays d'origine», et «les manifestations d'une minorité de passagers», affirment les collaborateurs du cinéaste. Dans l'aérogare, les policiers sont toujours, selon Laurent Cantet, à la recherche du photographe. Michel Dubois, lui, a été relâché vers 22 heures. Apparemment sans que des poursuites aient été engagées contre lui, affirmait hier son avocate, Dominique Noguères.
Du côté d'Air France, un porte-parole de la direction banalisait l'affaire, confirmant qu'un «reconduit à la frontière a été protesté, à la suite de quoi il y a eu une petite réaction d'hostilité, semble-t-il, de certains passagers». Le commandant de bord, estimant alors «que les conditions de sécurité n'étaient pas entièrement réunies pour que le vol ait lieu sereinement», a préféré l'annuler.
Du côté du gouvernement, le ministère de l'Intérieur, dont dépend la PAF, renvoie désormais sur le nouveau ministère de l'Immigration, de l'Intégration, du Codéveloppement et de l'Identité nationale. La version des policiers telle que la rapporte un collaborateur du ministre Brice Hortefeux est évidemment différente. Selon lui, l'expulsé est un «ressortissant malien âgé de 50 ans faisant l'objet de deux interdictions du territoire». Calme dans un premier temps, l'homme se serait ensuite montré «surexcité», ameutant les passagers, «assénant un coup de tête et mordant l'un des trois policiers qui l'escortaient si bien que la PAF a dû intervenir pour prêter main-forte à l'escorte». Pris d'un malaise, le Malien aurait ensuite été débarqué de l'avion et examiné par un médecin qui a jugé son état compatible avec un placement en garde à vue. Sous le coup d'une plainte pour «opposition à une mesure d'éloignement, refus d'embarquement et coups et blessures contre un policier», il sera jugé aujourd'hui en comparution immédiate.
Face à la multiplication des poursuites contre des citoyens ayant tenté de s'opposer à l'expulsion de sans-papiers, les animateurs du RESF qui défendent les parents sans papiers d'enfants scolarisés ont annoncé la création d'un collectif de «défense coordonnée des victimes de la criminalisation de la solidarité».
Publié par skazat à 11:36 2 commentaires
